Seblog

samedi 26 juillet 2008

Et au milieu des villes coule un torrent de gachis...

Crédit photo : Michel Clair @ Flicker STOP ! On nous parle de Grenelle de l'environnement, on nous parle d'éco-citoyenneté, on nous parle de responsabilité écologique, etc, etc... OK. Au quotidien nous essayons tous un tant soit peu de faire attention à notre consommation. Le tri sélectif est rentré dans les moeurs, on ne laisse plus la lumière dans un pièce vide, on débranche les chargeurs qui ne sont reliés à rien, on appuie sur le petit bouton de la chasse d'eau pour un petit pipi. Et ainsi de suite. OK. Je suis profondément écologique dans l'âme et même si je ne respecte pas forcément tous les dogmes de l'éco-citoyenneté à 100% j'essaie de faire au mieux et pense être au dessus de la moyenne des français (je suis en particulier choqué de trouver des ordures un peu partout, notamment dans nos belles montagnes ou sur nos belles plages...).

Hélas, au grand hélas, je suis pourtant choqué de voir le gaspillage d'eau utilisé pour nettoyer les rues et les caniveaux de nos grandes villes, notamment Paris où je réside. Que des camions citernes aspergent les rues de leur eau sous pression, soit, on peut dans ce cas supposer que l'eau n'est pas potable et qu'elle vient directement d'un quelconque pompage de la Seine par exemple (et encore je ne préfère pas vérifier cette information au risque d'être déçu). En revanche, voir des centaines de litres d'eau fuir directement dans les caniveaux depuis les vannes prévus à cette effet au ras des trotoirs, alors là non, ça me choque carrément. A quoi ça sert ? Vraiment ? Avez-vous déjà remarqué l'efficacité du procédé ? Certes, les éléments le plus volatiles et surtout les plus récemment implantés s'en vont relativement rapidement. Mais les éléments plus lourds ou plus incrustés (déjections canines, cannettes, papiers gras, paquets de cigarette collés, etc.) résistent méchamment et attendent patiemment que les agents viennent les déloger à coup de balai magique.

A quoi bon ? Pourquoi ne pas passer directement ledit coup de balai ? Imaginez le nombre de ces vannes dans chaque quartier, multipliez le par le temps qu'elles restent ouvertes sans surveillance, puis par nombre de quartier dans votre ville, puis par le nombre de villes en France, etc... Je ne connais pas le chiffre et ne préfère pas le connaitre au risque de me donner la nausée. Et dire qu'après on nous reproche de laisser couler le robinet pendant qu'on se lave les dents, ou de ne pas réparer la fuite de notre chasse d'eau... Certes c'est nécessaire et il faut le faire, mais que les collectivités et les pouvoir publics comment à nettoyer devant leur porte. Et pas à coup de vanne cette fois, au balai, à la bonne huile de coude !

vendredi 11 avril 2008

Tout le monde s'enflamme au passage de la flamme

Londres, Paris, San Francisco... Les mouvements de manifestation et parfois de violence qu'a suscité le passage de la flamme olympique dans ces villes montrent que personne n'est insensible au formidable pied de nez international que fait la Chine en organisant les Jeux Olympiques de 2008. Un évènement pour la paix et la réunification des peuples dans un état policier qui piétine les droits de l'homme, ça ressemble à une gageüre et pourtant c'est vrai. Un peu comme les J.O. de Berlin en 1936 en somme...

Pour autant, le propos de mon billet ne se situe pas là. Non, ce qui me surprend encore plus que Pékin puisse accueillir ces jeux, c'est l'éveil soudain de la communauté internationale (en tout cas celle du monde libre) qui s'étonne seulement maintenant d'un tel paradoxe. Mais que faisaient tous ces engagés depuis l'annonce de la sélection de Pékin par le CIO ? Faut-il attendre que cette "flamme de la honte" foule son pays et sa ville pour se faire entendre ? Tout cela me semble un peu tard il me semble, et du coup vain. Pourtant ce choix est connu depuis plusieurs années, et la politique intérieure chinoise fait parler d'elle depuis plusieurs décennies.

Je ne dénonce pas spécifiquement les militants, même ceux d'un jour, qui sont allés sur le terrain pour tenter d'entraver le parcours de la flamme. Non, mon attention se porte en premier lieu sur les politiques, coincés entre leur conviction personnelle, la diplomatie et les intérêts économiques qui lient nos pays. La situation est délicate, et je conçois qu'une prise de position n'est pas évidente dans ce genre de situation. Mais pour moi le comble de l'hypocrisie vient une fois encore des médias. Certains journalistes prennent évidemment des positions très fermes envers ce qui se passe en ce moment. Ca tombe bien c'est exactement ce qu'on leur demande. Hélas, tout cela n'empêchera pourtant pas les grands médias de masse de relayer l'évènement, presque comme si de rien n'était, et d'en tirer profit, presque comme si de rien n'était. Et nos militants d'un jour, et nos politiques au cul entre deux chaises, et tous les autres insurgés de l'ombre, de regarder les retransmissions, presque comme si de rien n'était. Après tout les JO se Pékin seront finalement qu'un produit chinois de plus dans le paysage de la consommation occidentale.

Il est finalement là, le sujet de fond : le boycott. Des jeux ? Non pas seulement, c'est trop tard de toute façon. En revanche si chacun d'entre nous adoptait un comportement de consommation responsable en évitant autant que faire se peut les produits importés de Chine, cela contribuerait aux mêmes intentions. Ce serait évidemment moins spectaculaire que de se jeter au pied du porteur de la flamme, mais cela aurait des conséquences certainement plus profondes et durables. Tant pis pour les médias, tant mieux pour notre conscience collective.

C'est facile à dire, mais le faire en pratique est une autre histoire...

jeudi 14 février 2008

La loi anti-tabac est-elle anti-écologique ?

Crédit photo : Lynt @ FlickerL'idée peut paraître farfelue voire paradoxale à première vue. Comment l'interdiction de fumer dans les bars et restaurants entrée en vigueur au 1er janvier 2008 peut-elle en effet avoir une quelconque influence sur l'environnement, négative de surcroît ?

Le lien de cause à effet n'est pas tout de suite évident, aussi arrêtons nous un instant devant l'un de ces fameux bars/restaurants "nouvelle version" pour creuser un peu la question. Premier constat : les fumeurs s'agglutinent désormais à l'extérieur pour s'adonner à leur addiction. Jusqu'ici tout va bien... ou presque. Un autre constat s'impose en effet : afin de compenser le confort que ces accrocs de la nicotine n'ont désormais plus le droit d'avoir à l'intérieur, en particulier en cette saison hivernale, les bistrotiers ont massivement équipé leurs terrasses... de chauffages extérieurs !

Même si ce type d'équipement n'est pas une nouveauté et que personne n'avait attendu ladite loi pour y trouver un intérêt tout particulier, leur installation s'est en revanche largement répandue depuis quelques mois, dans l'unique objectif de maintenir la régularité et la durée de fréquentation de cette clientèle précieuse. Et c'est là que le bât blesse. Car si certaines terrasses bien conçues proposent un semblant d'abris, relativement isolé du reste de la rue, les autres, pour la plupart, sont complètement ouvertes sur le néant, engendrant alors un incroyable gaspillage d'énergie pour chauffer... la rue... Multipliez par les dizaines de milliers de bars/restaurants à Paris, en France, en Europe, et vous aurez alors une idée de la surconsommation inutile que cela représente. A l'heure où l'on nous rebat les oreilles avec le développement durable et le réchauffement climatique, c'est plutôt moche...

Et cette hérésie écologique m'en rappelle alors bien d'autres. Comme ces climatiseurs poussés à fond dans les boutiques en été alors que les portes d'entrée restent bloquées en position ouvertes pour mieux accueillir le chaland. L'inverse est tout aussi vrai en hiver avec le chauffage cette fois. Vous savez, cette grande bouffée de chaleur qui vous accueille à l'entrée du magasin, en provenance d'un radiateur soufflant situé juste au dessus du seuil et dont la majeure partie s'échappe sur la rue... Je n'ai rien contre le progrès et la société de consommation, mais là on tombe vraiment dans le domaine de l'irrationnel.

Pour revenir et conclure sur le sujet de départ, je suis favorable à cette mesure anti-tabac. Je ne suis plus fumeur, mais même quand je l'étais encore, je supportais déjà de moins en moins de devoir sacrifier ma vue, mon odorat et mes vêtements pour passer de bons moments avec mes amis. Aujourd'hui j'ai au contraire retrouvé le plaisir de déjeuner dans les brasseries, sans pour autant ramener au travail avec moi une désagréable odeur de fumée. Bon, maintenant on sent souvent la nourriture, mais c'est quand moins désagréable ! Le plaisir aussi des apéros après le boulot, sans revenir à la maison en empestant l'odeur acre et acide du tabac froid sur ses fringues et ses cheveux. C'est une bonne mesure donc, mais qui eût cru qu'elle aurait un tel effet de bord ? Vivement le printemps !