Crédit photo : Lynt @ FlickerL'idée peut paraître farfelue voire paradoxale à première vue. Comment l'interdiction de fumer dans les bars et restaurants entrée en vigueur au 1er janvier 2008 peut-elle en effet avoir une quelconque influence sur l'environnement, négative de surcroît ?

Le lien de cause à effet n'est pas tout de suite évident, aussi arrêtons nous un instant devant l'un de ces fameux bars/restaurants "nouvelle version" pour creuser un peu la question. Premier constat : les fumeurs s'agglutinent désormais à l'extérieur pour s'adonner à leur addiction. Jusqu'ici tout va bien... ou presque. Un autre constat s'impose en effet : afin de compenser le confort que ces accrocs de la nicotine n'ont désormais plus le droit d'avoir à l'intérieur, en particulier en cette saison hivernale, les bistrotiers ont massivement équipé leurs terrasses... de chauffages extérieurs !

Même si ce type d'équipement n'est pas une nouveauté et que personne n'avait attendu ladite loi pour y trouver un intérêt tout particulier, leur installation s'est en revanche largement répandue depuis quelques mois, dans l'unique objectif de maintenir la régularité et la durée de fréquentation de cette clientèle précieuse. Et c'est là que le bât blesse. Car si certaines terrasses bien conçues proposent un semblant d'abris, relativement isolé du reste de la rue, les autres, pour la plupart, sont complètement ouvertes sur le néant, engendrant alors un incroyable gaspillage d'énergie pour chauffer... la rue... Multipliez par les dizaines de milliers de bars/restaurants à Paris, en France, en Europe, et vous aurez alors une idée de la surconsommation inutile que cela représente. A l'heure où l'on nous rebat les oreilles avec le développement durable et le réchauffement climatique, c'est plutôt moche...

Et cette hérésie écologique m'en rappelle alors bien d'autres. Comme ces climatiseurs poussés à fond dans les boutiques en été alors que les portes d'entrée restent bloquées en position ouvertes pour mieux accueillir le chaland. L'inverse est tout aussi vrai en hiver avec le chauffage cette fois. Vous savez, cette grande bouffée de chaleur qui vous accueille à l'entrée du magasin, en provenance d'un radiateur soufflant situé juste au dessus du seuil et dont la majeure partie s'échappe sur la rue... Je n'ai rien contre le progrès et la société de consommation, mais là on tombe vraiment dans le domaine de l'irrationnel.

Pour revenir et conclure sur le sujet de départ, je suis favorable à cette mesure anti-tabac. Je ne suis plus fumeur, mais même quand je l'étais encore, je supportais déjà de moins en moins de devoir sacrifier ma vue, mon odorat et mes vêtements pour passer de bons moments avec mes amis. Aujourd'hui j'ai au contraire retrouvé le plaisir de déjeuner dans les brasseries, sans pour autant ramener au travail avec moi une désagréable odeur de fumée. Bon, maintenant on sent souvent la nourriture, mais c'est quand moins désagréable ! Le plaisir aussi des apéros après le boulot, sans revenir à la maison en empestant l'odeur acre et acide du tabac froid sur ses fringues et ses cheveux. C'est une bonne mesure donc, mais qui eût cru qu'elle aurait un tel effet de bord ? Vivement le printemps !