Londres, Paris, San Francisco... Les mouvements de manifestation et parfois de violence qu'a suscité le passage de la flamme olympique dans ces villes montrent que personne n'est insensible au formidable pied de nez international que fait la Chine en organisant les Jeux Olympiques de 2008. Un évènement pour la paix et la réunification des peuples dans un état policier qui piétine les droits de l'homme, ça ressemble à une gageüre et pourtant c'est vrai. Un peu comme les J.O. de Berlin en 1936 en somme...

Pour autant, le propos de mon billet ne se situe pas là. Non, ce qui me surprend encore plus que Pékin puisse accueillir ces jeux, c'est l'éveil soudain de la communauté internationale (en tout cas celle du monde libre) qui s'étonne seulement maintenant d'un tel paradoxe. Mais que faisaient tous ces engagés depuis l'annonce de la sélection de Pékin par le CIO ? Faut-il attendre que cette "flamme de la honte" foule son pays et sa ville pour se faire entendre ? Tout cela me semble un peu tard il me semble, et du coup vain. Pourtant ce choix est connu depuis plusieurs années, et la politique intérieure chinoise fait parler d'elle depuis plusieurs décennies.

Je ne dénonce pas spécifiquement les militants, même ceux d'un jour, qui sont allés sur le terrain pour tenter d'entraver le parcours de la flamme. Non, mon attention se porte en premier lieu sur les politiques, coincés entre leur conviction personnelle, la diplomatie et les intérêts économiques qui lient nos pays. La situation est délicate, et je conçois qu'une prise de position n'est pas évidente dans ce genre de situation. Mais pour moi le comble de l'hypocrisie vient une fois encore des médias. Certains journalistes prennent évidemment des positions très fermes envers ce qui se passe en ce moment. Ca tombe bien c'est exactement ce qu'on leur demande. Hélas, tout cela n'empêchera pourtant pas les grands médias de masse de relayer l'évènement, presque comme si de rien n'était, et d'en tirer profit, presque comme si de rien n'était. Et nos militants d'un jour, et nos politiques au cul entre deux chaises, et tous les autres insurgés de l'ombre, de regarder les retransmissions, presque comme si de rien n'était. Après tout les JO se Pékin seront finalement qu'un produit chinois de plus dans le paysage de la consommation occidentale.

Il est finalement là, le sujet de fond : le boycott. Des jeux ? Non pas seulement, c'est trop tard de toute façon. En revanche si chacun d'entre nous adoptait un comportement de consommation responsable en évitant autant que faire se peut les produits importés de Chine, cela contribuerait aux mêmes intentions. Ce serait évidemment moins spectaculaire que de se jeter au pied du porteur de la flamme, mais cela aurait des conséquences certainement plus profondes et durables. Tant pis pour les médias, tant mieux pour notre conscience collective.

C'est facile à dire, mais le faire en pratique est une autre histoire...